Les nouvelles 2004
15 août au 5 septembre 2004
Annie FONTENEAU

1 - Scolarisation en primaire
1 - Formation professionnelle
1 - L'école d'infirmières
1 - Les accoucheuses traditionnelles
1 - L'hopital de Markalla

Lundi 16 août à 21 heures, heure locale, l’avion atterrit à l’aéroport de Bamako. Le vent souffle fort, l’orage menace. Le premier tiers des passagers sort de la carlingue, j’en fais partie. L’intensité de la pluie est telle que les autres voyageurs attendent dans l’appareil. Conséquences de ces conditions météorologiques, nous réceptionnerons les bagages après presque 2 heures d’attente.

Au travers de la vitre, dans la foule, j’aperçois Alou. Gakou et Alou sont là, plaisir des retrouvailles ; sans attendre nous partons, les rues bamakoises sont couvertes par la pluie. Le chauffeur se livre à un gymkhana pour rejoindre l’hôtel Djoliba.

Après une nuit réparatrice, un café accompagné de « petits pâtés », nous partons vers Ségou. Durant, le trajet les discussions sont variées : nouvelles, projets…

Où allais-je loger ? Alou a réservé un appartement chez des amis. Il est situé sur le Boulevard de l’An 2000, à proximité du quartier Angoulême. Les propriétaires habitent dans la cour, eux et leurs enfants sont charmants. Au décours du séjour, j’apprécierai cette situation géographique. Nos partenaires, nos amis ségoviens sont venus simplement travailler où me rendre visite.

Cette première semaine est atypique en regard des séjours précédents pour plusieurs raisons :

Abdoullaye KEITA, le collaborateur local d’Alou est absent depuis 3 semaines. Il a été désigné assesseur aux Assises de Bamako. Il rentrera le dimanche 22, après 4 semaines de procès. Les séances se déroulaient de 8H du matin jusqu’à 1H ou 2 H de la nuit, sans boire ni manger - il est fatigué. C’est l’hivernage, Abdoullaye cultive des champs sur l’autre rive du Fleuve . Bien que son neveu s’occupe des travaux, il s’inquiète. Le jeudi suivant, il s’y déplace, les cultures croissent, il est rassuré. Le 31 août, c’est la rentrée des professeurs à l’école de la mission catholique. Abdoullaye tient des réunions. Il se libèrera les fins d’après-midi pour travailler ensemble.

Alou a souhaité que les visites aux Ecoles et aux familles s’effectuent avec Abdoullaye, il le présente comme son collaborateur. Je constaterai durant le séjour leur bonne entente, leur complémentarité ; ils partagent un profond respect mutuel.

- Scolarisation en primaire
Le choix de la FLF d’inscrire les enfants dans les écoles privées montre de bons résultats (la mission catholique, Hampateba, Dougoutigou Tangara). Les directeurs suivent de près les enfants et les familles. Les relations privilégiées développées lors du versement des bourses favorisent l’intégration dans un milieu scolaire et économique, nouveau pour eux. A la rentrée, 18 nouveaux élèves seront pris en charge dans les 3 écoles. Ils rejoindront les 31 jeunes en cours de scolarité. Un a été exclu à Dougoutigou Tangara pour absentéisme et non intérêt pour l’école.
Dans les écoles publiques, 11 élèves étaient inscrits pour cette année scolaire, trois en 6ème année, un a quitté Ségou, une devra redoubler. Deux sont 2ème et 4ème de leurs classes avec d’excellentes moyennes.
Au travers des rues ségoviennes souvent inondées en moto, nous visiterons les familles. L’accueil, à chaque fois a été chaleureux.

- Formation professionnelle
Au CETI - satisfaction autour des résultats en filière Brevet de Technicien. A la rentrée, toutes les classes seront fonctionnelles, le CETI sera enfin regroupé sur un seul site. Avec rigueur, déterminisme, Gakou continue de faire évoluer son école. Quatre nouveaux élèves seront pris en charge en octobre.
Le projet d’accompagner financièrement l’installation des titulaires de Brevet de Technicien n’est pas mûr ; nous en reparlerons dans quelques mois.

- L'école d'infirmières
Le projet de former des jeunes filles au Brevet de Technicien Supérieur de Santé exploré par JB et Marie en février 2004, va se concrétiser.
Après la sélection, quatre élèves seront prises en charge pour 3 ans par parrainages. La Directrice et nos correspondants locaux choisiront les candidates.
Les locaux sont propres et modernes. J’ai visité le foyer ; les règles de fonctionnement sont définies et encadrées ; c’est rassurant pour commencer cette nouvelle expérience.

- Les accoucheuses traditionnelles
La première séquence de formation sur Diorro a été réalisée. 16 accoucheuses traditionnelles ont suivi ce module.
Avec M.COULIBALY, médecin du centre Famory, nous avons évalué les résultats. Positifs pour une première fois, nous avons cependant réajusté les modalités de déroulement de la formation en théorie et en pratique et décrit des critères d’évaluation. Nos partenaires nous adressent le fruit de leurs travaux pour validation avant d’entamer la séquence à SOKE. Les accoucheuses traditionnelles rencontrées exprimaient leur satisfaction, leur motivation.

- L'hopital de Markalla
En Pédiatrie, l’activité reste soutenue. Le Docteur THIERO développe ses activités d’épidémiologie et de prévention dans les villages. Il est fatigué.

Le Dr THIERO m’invite à partager un délicieux poulet aux arachides chez lui, avant de rentrer sur Ségou. Le retour se déroulera sous l’orage.

Nous étions 12 dans un break 405, un peu rouillé ; les portières ne s’ouvraient que par l’extérieur grâce au chauffeur. La galerie supportait un chargement comparable en hauteur à celle du véhicule. Environ 10 km avant Markala, nous avons remorqué un véhicule en panne ; solidarité africaine (j’ai payé 750 CFA pour faire 40 km en 2 heures soit 1,14 €). Il fait chaud, je prends le chemin qui conduit à l’hôpital ; en route un jeune charretier me propose une place sur le plateau de la charrette ; c’est plus lent que la marche à pied mais moins fatigant avant de commencer une visite de 4 heures.
L’invasion de crickets en provenance de Mauritanie arrive à Mopti. Malgré les importants moyens mis en œuvre, les cultures sont détruites, les images retransmises sur RTM sont inquiétantes.


 


 


  Lors d’une mission, des relations humaines se tissent. C’est la quatrième année que je viens à Ségou ; avec certains partenaires locaux, des relations amicales se sont développées. Cet environnement s’est élargi à des ségoviens venus en stage à Angoulême, ces deux dernières années et où nous avons visité La Rochelle, l’Ile de Ré. Les invitations étaient fréquentes… est-il correct de dire que j’en ai décliné certaines, pour respecter un repos nécessaire ?

Chez Gakou et sa famille, les repas sont toujours copieux et délicieux, l’ambiance sympathique, les enfants grandissent.

L’hospitalité d’Alou est connue de chacun, sa disponibilité fait que « rien de cloche ».

Abdoullaye habite une grande concession ; un soir de fort orage, j’ai fait la connaissance de son épouse autour d’un repas (un plat « sans sel » - avait été préparé pour Alou ; délicate attention), il nous a regardé déguster les plats assaisonnés.

Prudence, confort, efficacité : désormais pour se contacter rapidement sur place, le téléphone portable est indispensable. En août IKATEL vendait des puces pour 5000 CFA.

Le 5 septembre ; c’est le jour du départ Gakou a prévu de m’emmener à Bamako après avoir déjeuner chez lui (une fois encore !). Durant la matinée, les visites d’ « au revoir » se succèdent dont Abdoullaye et Alou. Jusqu’à l’arrivée du chauffeur, je ne serai pas seule.

J’ai apprécié la présence de nos amis. Nous sommes dimanche. A Bamako les commerces sont fermés ; l’enregistrement des bagages commence à partir de 20 H ; Gakou m’emmène dîner dans sa famille.

A 21 H, sur le parking de l’aéroport nous nous quittons.

MERCI A TOUS