MISSION à SEGOU République du Mali
Annie FONTENEAU
Août 2005

Aéroport de BAMAKO, le Dimanche 7 Août à 21h, Ladjï GAKOU, Alou TRAORE sont venus m’accueillir. Pour des motifs sécuritaires, les accès à l’aéroport ont été modifiés. Il fait nuit ; 30 minutes après avoir réceptionné mes bagages, je joins à partir d’une cabine nos amis sur leurs téléphones portables... Ils sont là, joie de nous retrouver, nuit à l’hôtel. Le lundi 8 Août, la « Golf » de Gakou nous amène à SEGOU à 13h. Alou m’invite à déjeuner dans sa concession. Gakou me rendra visite le soir à la villa d’Angoulême, pour s’assurer que « tout va bien ».

 

Avant de rentrer dans le concret de ma mission, je souhaite vous faire partager le contexte particulier de son déroulement cette année.

-c’est l’hivernage : heureuse chance pour les Ségoviens, il pleut tous les jours. Les routes sont difficilement praticables ; « on sort peu » ; les cultures rizières s’épanouissent... le coût du sac de riz devrait baisser... il est à 15000 CFA.

-nos correspondants locaux, Abdoullaye KEITA et Alou TRAORE , vivent à titre personnel des évènements importants :

            Abdoullaye : la première semaine, il est retenu par l’Académie pour encadrer une formation de maîtres.

Il prépare avec son épouse le mariage de deux de leurs filles pour le 4 septembre ; 200 invités sont prévus pendant plusieurs jours ; il faut assurer la logistique.

            Alou : Deux petites filles naissent dans sa famille.

 

Pour remplir « ma feuille de route », je me suis adaptée à l’environnement. Sur SEGOU, nous nous sommes déplacés dans la voiture  rouge d’Alou, dans celle d’Abdoullaye... et... à pied, à travers les flaques d’eau.

 

 

 

 

La scolarisation :

 

            À la rentrée 2005/2006, 73 élèves seront pris en charge par la Fondation Leïla Fodil dans cinq écoles privées : l’école de la Mission, Hampathé –Bâ, Digoutigui-Tangara, 2 à Pélengana : Niongoudou et Une Chance pour Tous.

L’extension cette année sur deux écoles à Pelengana, une commune pauvre proche de Ségou, confirme la volonté de la FONDATION LEÏLA FODIL de donner l’accès à la scolarisation aux enfants défavorisés. Avec nos correspondants, à plusieurs reprises, nous avons rencontré les Directeurs.

L’ouverture aux jardins d’enfants, de l’Ecole de la Mission, de Digoutigui-Tangara, avance. Pour les directeurs, cette approche de socialisation, d’apprentissage, devrait prévenir les redoublements en 1er cycle.

 

 Les formations professionnelles :

 

              * Le CETI. Pour cette rentrée Gakou a construit trois nouvelles classes, les locaux de la Direction seront accessibles en 2006 ; la rapidité de la réalisation des chantiers est impressionnante.

            Nouveauté : deux filières de formation par alternance en informatique et en métallerie s’ouvrent à des patrons et/ou des apprentis dès l’automne 2005. Gakou vise la professionnalisation de ces métiers.

 

Le devenir des élèves formés au CETI ? Gakou prépare la création d’une association d’anciens élèves. Celle-ci pourrait permettre le regroupement des différents métiers formés au CETI, pour réaliser complètement des chantiers de bâtiments.

Il soumettra le projet au Conseil d’Administration de la Fondation Leïla Fodil.

 

Ladji GAKOU travaille beaucoup. La réussite du CETI repose sur ses « épaules » ; il contrôle tout le circuit : travaux, recrutement des professeurs, ouverture de filières, comptabilité, relations extérieures.

 

Le soir, il goûte le bonheur familial avec Fatoumata, son épouse, Tata et Mohamed, ses enfants. J’ai partagé avec eux, plusieurs soirées.

 

* L’Ecole d’Infirmières :

            C’est la première année de notre collaboration. Les résultats sont satisfaisants, les religieuses rigoureuses. La présence d’Abdoullaye et d’Alou est confirmée pour participer à la sélection des élèves.

Le CAP coupe-couture marche bien. Les sœurs, cette année, proposent des enseignements complémentaires, pour permettre aux élèves de passer le DEF ou de postuler au concours d’entrée à l’Ecole d’Infirmières.

 

Sur la route de Markala, le 19 Août, sœur Marie Angèles a un grave accident de voiture ; si la voiture est endommagée, elle s’en sort avec des contusions. Des femmes, travaillant aux champs, l’extirpent du véhicule. Comment lire ce évènement ? Abdoullaye circule sur cette route ; il organisera le retour des religieuses sur SEGOU, s’occupera du véhicule, me préviendra ainsi qu’Alou. Le 27 Août, jour de mon départ, Gakou emmène la sœur à Bamako pour des examens radiologiques complémentaires.

 

Le suivi de la scolarité : A partir de la rentrée 2005/2006, Alou et Abdoullaye adresseront les notes trimestriellement à la Fondation Leïla Fodil ; les directeurs sont d’accord.

 

 

 Les actions dans les Hôpitaux de SAN et MARKALA

 

* A Markala :

 Le Docteur THIERO, Pédiatre, maintient une activité hospitalière soutenue. L’hôpital est pôle de référence. THIERO se déplace dans le cercle pour des actions de Santé Publique.

Soucieux de l’environnement du service de Pédiatrie, il a sollicité auprès de la  Fondation Leïla Fodil, la plantation d’une haie arborée devant les locaux ; le financement lui est remis.

. L’Obstétrique : Bintou TRAORE, Médecin Gynécologue regrette le manque d’échographe. Nous attendons l’occasion d’en trouver un.

 

* A SAN :

C’est la première fois que j’y vais. Mima TALL m’accompagne. Nous y allons en voiture, le « tour » dans la journée, sous des pluies torrentielles.

Le volontarisme du Directeur, des Médecins, des Sage-femmes est affiché. Ce cercle, excentré de SEGOU est un « parent  pauvre » des Administrations. L’encadrement n’est pas résigné. L’échographe fonctionne ; la demande du directeur de former un médecin, une sage-femme en échographie permettrait de répondre à une continuité de la prestation.

L’argent a été envoyé en octobre 2005 pour assurer ces formations à Bamako avant la fin de l’année.

 

 

 Les autres partenaires :

 

     * Le Centre Famony Doumbia : un nouveau directeur prend ses fonctions.

     * Mima Tall : avec son Association, elle conduit deux projets, dont un sur « la prévention de l’excision ».

* La prison : Mamadou DIAKITE, Surveillant-Chef a été muté, ainsi que de nombreux Cadres en juin 2005. Les actions d’alphabétisation et de resocialisation des jeunes détenus sont suspendues. Mme SISSAO, Assistante Sociale-chef au Tribunal, essaie de nouer des contacts avec la nouvelle direction.

 

 Une mission en Août : son intérêt, ses limites.

-     Son intérêt : Intermédiaire entre deux années scolaires, la connaissance des résultats, avec les Directeurs présents, nous pouvons programmer en temps réel les actions de la Fondation Leïla Fodil pour l’année à venir.

-     Ses limites : Ce sont les congés scolaires, beaucoup d’enfants, de familles sont hors de SEGOU ; les visites sont aléatoires.

 

Ceci confirme que deux déplacements par an sont nécessaires. En Janvier, professeurs, élèves et familles sont sur place. À cette période, le correspondant de la Fondation Leïla Fodil, évalue la réalité des actions en cours. En août il prépare la rentrée scolaire.

 

Pas de photographies pour illustrer cette mission, mon appareil est tombé en panne à SEGOU.

Une mission, ce n’est pas du tourisme. Une présence aux événements culturels, à la météorologie, demande une réactivité constante pour réaliser les objectifs. Les relations ségoviennes tissées m’ont permis de vivre un séjour humanitaire, entouré d’amitié, de disponibilité, efficace.

 

Le 27 Août après un dîner chez la maman de Gakou, je rentre en France. Le vol Air France de 23 heures est « surbooké » ; je voyagerai en classe affaires, confortablement, sans majoration financière.

 

Annie FONTENEAU.