Rapport d'activité et détails sur les actions de la FondationLeïla Fodil à Ségou en 2002


 


Scolarisation en primaire


Avec Alou Traoré nous avons mis à jour la liste des élèves scolarisés en primaire. A cause des redoublements, ils ne sont plus que deux en 5° et en 6° année. Nous avons dû éliminer une élève dont le redoublement n’avait pas été signalé. Nous avons remis à Alou un chèque pour les bourses d’avril à juin.

 Nous avons porté une attention particulière aux 5 élèves de première année recrutés à l’école de la Mission.
- Aminata Maïga a remplacé l’enfant de la mère en prison après son départ, fin novembre. C’est une élève de milieu modeste, déjà scolarisée, dont les parents avaient fait une démarche de demande d’aide. La grand-mère en a pleuré de joie.  Elle est suivie par le directeur de l’école.
- Abdullaye Keita habite dans le quartier d’Alou. Son père a réparé une bicyclette d’enfants et il est allé d’abord comme cela à l’école, qui est loin de plusieurs kilomètres. Maintenant, il prend le car de la COMATEX qui s’arrête sur le goudron presque en face de chez lui.
- Chahida Dicko est la seconde fille de Mohamed, le Touareg.
- Soungalo Koné est suivi par madame Guissé.
- Youssouf Traoré a pour tuteur Brama Sissoko.

Visite de la classe de première année où sont ces élèves .
 Maîtresse : Madame Monique KEITA.
 88 élèves.... 50 garçons, 38 filles. L’effectif est plus important que nous le pensions. L’école reçoit des enfants de fonctionnaires mutés qu’elle ne peut pas refuser. Le gouvernement a fait des pressions pour qu’elle accueille plus d’enfants.
 Les élèves commencent dès maintenant à s’exercer à la lecture et à l’écriture en français. Ce n’est pas comme les écoles “expérimentales” de l’ État, dans lesquelles on commence par lire et écrire en langue Bambara.
Les élèves lisent au tableau des mots et des phrases contenant des mots “clefs”, dont la signification a été expliquée en Bambara auparavant.
Les écritures sont déjà correctes. Nous avons une très bonne impression.

Visite de la grande section de l’École maternelle de la mission :
 50 enfants de 5-6 ans, avec deux maîtresses. Une grande salle de classe.
 Marie assiste à une heure d’activités dans la classe. Chansons et récitations mimées, en français.
 “L’an passé, cela va sans dire, j’étais petit. Maintenant, je sais compter, lire, écrire, c’est évident, je suis grand”. “Ceci est ma main, elle a 5 doigts, en voici deux, en voici trois, celui-ci est mon gros pouce.”
 Langage : à propos des parures des femmes, en bambara puis traduction en français. Les enfants répètent : collier, bracelet, chaine, boucles d’oreilles. Puis ils vont montrer en disant le mot.
 Jeu sensoriel : un cadre de bois avec silhouette d’animaux en colonne à gauche, couleurs en ligne en bas. Les enfants viennent à tour de rôle placer un animal de couleur sur la case correspondante.
 Au mur une carte du Mali avec les différentes régions qu’ils apprennent à situer avec une image représentant l’activité principale de la région.
 Pendant la récréation, les maîtresses montrent le programme officiel des jardins d’enfants. Il  semble correspondre tout à fait aux programmes des maternelles françaises. Et ce qui est vu montre qu’elles l’appliquent. C’est un vrai enseignement préscolaire : compter, reconnaître les chiffres, tenir un crayon, faire des bâtons, des ronds, des carrés. Les enfants s’habituent à la discipline d’un séjour en classe. Certains écrivent leur nom à la fin de l’année.  Ils ont envie d’apprendre plus.
 Les maîtresses se souviennnent du stage fait avec des institutrices de maternelle organisé il y a quelques années par le Comité des Jumelages d’Angoulême. Elles en avaient tiré grand profit.
 Nous n’avons pas pu voir comment fonctionnent les autres maternelles de la ville.
 

Rencontre avec le Directeur de l’école de la mission.
 Mr Abdoulaye DIAKITÉ.
 Entrevue très sympathique. Il est musulman. Cela ne le gène pas du tout dans l’exercice de son travail. L’école est très ouverte à tous.
 Le crédit de 100 000 Cfa donné par la Fondation a été utilisé pour acheter 15 livres. “Langage et Lecture - 1° année”. Avec les livres déjà existants, il y a maintenant un livre pour deux élèves. Les livres restent dans l’école après la classe.
 Nous reparlons de nos élèves de première année. Ces enfants sont très timides. Ils se savent issus d’un milieu très pauvre, avec des parents qui ne savent ni lire ni écrire, ce qui entraîne une immense réserve. La maîtresse fait tous ses efforts pour les mettre à l’aise. Le directeur s’y emploie aussi.
 Presque tous les élèves de l’école actuellement en 1° année sont passés par la maternelle. Mr Keita pense qu’il serait bien que nos élèves, qui ont des difficultés sociales évidentes, puissent commencer le cycle scolaire par une année de maternelle. Le principe paraît à première vue bon, mais une question pratique se pose. Comment les enfants seraient-ils conduits à l’école ? A leur âge, ils ne peuvent pas s’y rendre seuls.
 Nous faisons part de certaines difficultés au niveau de l’AAPDS. Les membres de l’association ont à coeur de choisir des élèves en difficulté socio-économique dans leur entourage. Alou nous a même demandé s’il était possible de recruter dans d’autres écoles privées pour ne pas privilégier un quartier. Nous avons répondu que oui, si les conditions scolaires et financières étaient semblables à celles de l’école de la mission. Alou devra faire une petite enquête sur les autres écoles privées. Il semble que l’école Hampaté Ba ait bonne réputation.
 Dans ces autres écoles nous ne savons pas si les maternelles sont bien faites, car ce sont souvent de simples garderies. C’est pourquoi il semble préférable d’observer les élèves recrutés cette année avant de discuter d’une maternelle préalable.

Rencontre à la Direction Régionale de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille
 Directrice : Mme Diarra
 Elle nous fait part d’un projet du Luxembourg qui aide à la scolarisation de 10 filles démunies, choisies dans 4 écoles : Bagadadji, Hamdallaye A et B et Pelengana, en 1°, 3° et 5° année.
 Le budget est de 100 000 f par enfant pour un an, semblable au nôtre :
- 26000 cfa de fournitures scolaires, sac, cahiers, bics... Les livres des enfants ont été fournis par le CAP (Centre d’Animation Pédagogique)
- 20000 Cfa d’habits, 3 tenues + 2 paires de chaussures
- 30000 Cfa de pension alimentaire pour l’année
- 24000 Cfa de soutien scolaire pour 6 mois.
 Pour le soutien scolaire, 3 maîtres ont été recrutés. Les enfants sont regroupés 2 fois par semaine, le samedi et le dimanche, une ou 2 heures. Les maîtres avaient demandé 5000 Cfa par enfant par mois. Négocié à 4000 Cfa
Un suivi mensuel est assuré par une enseignante de la Direction qui passe à l’école et dans la famille.
 

Conclusion
 Du fait des redoublements, il n’y a plus que 2 élèves en 5° et 6° année, donc 24 élèves boursiers actuellement.
 L’expérience de scolarisation en première année dans une école privée (école de la mission catholique), semble donner dès maintenant un bon résultat. La visite dans les classes de première année et de grande section de maternelle de cette école a montré le sérieux et l’efficacité du travail.
 Une attention particulière sera portée en fin d’année sur les résultats de ces élèves qui passeront en deuxième année.
 Après l’étude faite par Alou sur les autres écoles privées, il faudra choisir les modalités du recrutement des nouveaux élèves en septembre  :
Faut-il changer d’école pour le recrutement de l’année suivante ?
Quelle école choisir pour ne pas privilégier un quartier de la ville ?
Faut-il inscrire les 5 élèves de l’année dans une même école ?
Choisit-on de les inscrire d’abord dans une année d’école maternelle pré-scolaire ?

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Groupe scolaire Tiécoura Coulibali 


Nous n’étions pas revenus depuis le mois de juillet 2000, au moment du démarrage du chantier de rénovations et de construction.
 Aujourd’hui, nous visitons le nouveau bâtiment : 5 bureaux des directeurs, une salle des professeurs, une bibliothèque, un bureau pour l’Association des Parents d’Élèves et les 6 classes rénovées. C’est un grand succès.
 Ce qui frappe le plus dans les classes rénovées c’est la clarté. Les claustras ont été remplacées par des fenêtres. Quand les élèves écrivent, ils peuvent voir clairement. Les murs reflètent la lumière. Parfois le soir, la classe est prolongée jusqu’à 18 heures quand il fait très chaud. A ce moment, le jour commence à baisser. Auparavant on ne pouvait rien faire. Maintenant on voit bien.
La température est bien plus agréable grâce au plafonnage qui atténue la chaleur de “four” des classes avec un seul toit de tôle.
Le comportement des élèves est meilleur. Ils aiment à apprendre, nettoient mieux la cour et les classes, malgré quelques dégradations “naturelles pour leur âge”.
Les professeurs ont repris goût à l’enseignement. Ils nous le disent tous très franchement. La construction de bureaux dans lesquels ils peuvent s’isoler pour préparer leur travail rend grand service.

 Nous signons en présence de Mr Bathily de l’Urbanisme le constat de fin de travaux pour les deux classes rénovées en 2001. Nous remettons à l’entrepreneur Seydou Guindo le chèque correspondant à la retenue de garantie. Il devra réparer quelques trous dans les sols de ciment.

 L’APE prend ses responsabilités. Elle fait les petites réparations nécessaires. Elle a fait installer une table et des bancs dans la pièce qui leur est réservée, des rayonnages dans la bibliothèque. Ils ont prévu l’installation d’ une grande table et de bancs.
L’APE et les directeurs discuteront entre eux de l’organisation de la bibliothèque. Les premiers livres doivent arriver au mois d’avril. Ils désigneront un responsable.
Une somme de 200 000 cfa  récoltée par la Fondation leur est remise pour permettre l’achat de livres africains sur place.
Les cahiers qui arriveront seront répartis, en commençant par servir les élèves soutenus par la Fondation.
Le bureau de l’APE a été renouvelé. La rénovation de classes nouvelles n’est pas un obstacle car les cotisations rentrent.
Tous sont attentifs à nettoyer les toits régulièrement. “Vous nous avez appris à enlever les cailloux et les piles qui détériorent les tôles”.
Mais les plus grands élèves voudraient bien que leur tour arrive pour les classes du second cycle.

 La scolarité de l’année  2000-2001 a été catastrophique du fait des grèves très nombreuses. Les résultats au DEF ont donc été très mauvais.
Cette année 2001-2002, il n’y a eu que 2 jours de grève des élèves. Les directeurs ont donc bon espoir que l’année se passe bien.

 Togo, le gardien de l’école, devient aveugle et a besoin d’une opération de la cataracte. Il ne peut pas la payer (50000 cfa). L’APE a proposé qu’une collecte soit faite auprès des élèves, des professeurs et de l’A.P.E. Quand il l’a appris,Togo a refusé par fierté. Le président va le revoir pour le lui faire accepter, sinon il risque de perdre son poste de gardien.
 

Suite des travaux :
Réunion avec 4 personnes du bureau de l’APE et 2 directeurs pour prévoir l’organisation de la suite des travaux à faire.

1°) Grâce à la subvention du Conseil Général de la Charente, une classe pourra être rénovée cette année à la charge de la Fondation (90%) et de l’APE (10%). D’un commun accord nous  choisissons la classe qui fait suite aux cinq autres, terminant ainsi un bâtiment du primaire.
Alou nous remet le devis de Seydou Guindo. Il comprend l’installation électrique que l’A.P.E. avait décidé d’ajouter dans les classes précédentes. Elle sera prise en compte avec le reste. Nous donnons notre accord et signons le contrat avec l’Urbanisme avant notre départ. Les travaux auront lieu pendant les vacances d’été.

2°) Il restera encore 20 classes à rénover. Nous apprenons qu’il y a peut être une possibilité de présenter un nouveau dossier de demande de financement à l’ambassade de France, si ce dossier est présenté par l’A.P.E. Un financement Fonds social de développement (FSD) de 70% pourrait être obtenu. Le Mali doit trouver les 30% restant. Il est décidé d’aller rencontrer ensemble :
- Le directeur du Centre d’Animation Pédagogique qui a remplacé l’Inspection.
- l’A.P.E. communale
- La Mairie
- Le Directeur d’Académie
- l’Ambassade de France.
Les directeurs vont mettre à jour le nombres d’élèves, de classes, de maîtres.
 

Rencontre de Mr Zacharia DEMBÉLÉ, Directeur du Centre d’Animation Pédagogique (CAP).
Des locaux neufs à proximité de l’Académie d’Éducation qui a remplacé la Direction Régionale.
L’APE, Alou Traoré et Madani  Niang présentent le projet pour la suite des rénovations.
Le directeur approuve. L’état malien a de grandes ambitions pour son école, mais les moyens ne suivent pas.
Un Programme Intermédiaire du Secteur de l’Éducation (PISE) prévoit un certain financement qui devrait pouvoir permettre de dégager une part. Du matériel éducatif pourrait être fourni et pris en compte dans la part malienne : livres, tables-bancs.
L’APE pourrait apporter sa part sous forme d’une partie en argent et d’une partie valorisable : main d’oeuvre, sable...
Le projet devrait se faire en plusieurs tranches, pour ne pas surcharger l’APE.
A la Mairie nous devrions voir l’adjointe à l’éducation et aussi le Secrétaire Général. Le Directeur du CAP va rédiger une attestation appuyant le projet de l’APE.
 

Rencontre du Secrétaire général de la Mairie de Ségou.
Alou présente les réalisations déjà faites à l’école d’Hamdallaye, avec la participation de la Mairie la première année, de l’APE ensuite, et la recherche d’un financement auprès de l’ambassade de France pour les 20 classes restant à rénover. Il sollicite l’appui de la Mairie pour ce dossier.
Le secrétaire général donne son accord sur le principe. Les modalités pratiques de la participation financière seront à étudier. Il est rassuré quand nous lui disons que ce ne sera que pour 2003. Il transmettra notre visite au Maire.
 

Rencontre à l’ Ambassade de France à Bamako.
Mr VictorTiollier nous a reçus très aimablement, Alou Traoré, Jean Bernard et Marie.
Le projet de Hamdallaye entre dans les possibilités de financement du FSD. La présentation par l’ APE est un argument favorable.
Il nous explique très en détails ce qu’il faut faire. C’est assez simple et en un seul exemplaire à déposer par l’APE à Bamako.
Recommandations :
La rédaction doit faire apparaître les points suivants
- Amélioration de la qualité de l’enseignement
- Faire partie d’un projet d’établissement :
 Réduire le nombre d’élèves.
 Supprimer les doubles vacations
 Diminuer les redoublements
 Augmenter le nombre de filles
 Favoriser le passage en deuxième cycle
 Chercher un  partenariat avec une école française
 Y a-t-il un projet d’extension ?
- Valoriser la participation de l’APE. Main d’oevure, fourniture de matériaux.
- Le financement se fait à 70% pour le FSD, 30% pour les collectivités locales.
- La mairie de Ségou et le CAP pourraient payer aussi une partie.
- Les fonds sont versés à l’APE.
La Fondation Leïla Fodil peut aider l’ APE à constituer le dossier et à sa réalisation en apportant sa compétence technique.
- On peut tenter une demande de deux ans, mais la deuxième année ne pourra débuter qu’après la fin de la première.
Le maître d’ouvrage, celui qui commande et qui paye, peut être la mairie.
Le maître d’oeuvre est celui qui conduit l’opération, contractualise avec l’entreprise et suit le déroulement des travaux. Ce peut être l’Urbanisme, l’ APE ou un bureau d’études.
Le financement est versé sur le compte de l’ APE.
L’intervention de la Fondation Leïla Fodil se situe dans l’aide à la conception et à la rédaction du projet, au suivi.
Suivi du dossier à l’Ambassade de France, Service de Coopération et d’Action Culturelle, cellule FSD, B.P. 84 Bamako : Bénédicte Haely jusqu’en Juillet 2002. Secrétaire : Cécile Dakouo en permanence. Tel : 21 83 38 ou 21 65 29. Fax 21 83 39. Mail : coopération@france-mali.org.ml
 

Montage du dossier :
Nous pensons qu’il est préférable de présenter au FSD un dossier de la totalité pour ne pas courir le risque de se faire refuser une deuxième demande.
Nous nous répartissons les tâches avec l’APE pour la constitution du dossier :
L’APE :
- met à jour le  nombre d’élèves avec répartition garçons-filles.
- établit la liste des réalisations concrètes déjà faites par l’APE.
- reprend contact avec le CAP pour lui demander son attestation d’appui au projet et pour faire la liste du matériel pédagogique pouvant être fourni par le CAP, livres, table bancs, avec leur prix, sur 2 ans.
- reprend contact avec la mairie pour lui demander une attestation d’appui au projet et pour savoir quelle somme pourrait être mise à disposition en 2003.
- étudie la façon de faire participer les parents et les élèves à une collecte supplémentaire. Nous suggérons une collecte auprès des élèves qui pourraient donner un jour par mois la petite pièce prévue pour l’achat de bonbons. Ce serait annoncé par le cahier de l’élève. Une émulation entre les classes pourrait être visualisée par un dessin d’une classe avec des briques coloriées en fonction des dons.
- décide de l’affectation des anciens bureaux des directeurs, de la démolition de l’ancienne salle des professeurs, ancien poulailler.
- Faut-il prévoir la remise en état de la clôture ?
La Fondation :
- reprend les descriptifs et les devis des 20 classes pour estimer le coût global de la rénovation.
- prépare à Angoulême la rédaction générale des documents, selon le schéma FSD, en reprenant des éléments dans le dossier de 1999.
- recherche une coopération possible avec une école française.

A notre demande de savoir comment on pourait rendre visible le rôle de la Fondation Leïla Fodil dans la rénovation de l’école, Alou répond qu’il comptait nous faire une surprise, et  demander à l’APE et au CAP de donner le nom de École Leïla Fodil à une des écoles du groupe scolaire. C’est très émouvant.
 

Conclusion:
Ce séjour nous a permis d’apprécier les travaux faits en 2000 et en 2001. Au total, construction du bâtiment de direction-bibliothèque et rénovation de 6 classes. L’atmosphère de l’école et l’attitude des professeurs s’en trouvent très améliorées. L’entretien est satisfaisant.
L’APE est très engagée dans la participation aux travaux, l’équipement de la bibliothèque, l’entretien des locaux et du matériel scolaire.
Une 7° classe va pouvoir être rénovée cette année 2002.
Avec l’Association des Parents d’Élèves, nous avons commencé la préparation d’un nouveau dossier de demande de financement pour les 20 classes qui restent encore à rénover. Cette demande sera présentée par l’APE au Fonds Social de Développement de l’Ambassade de France à Bamako, que nous avons rencontré ensemble.  Le FSD pourrait accorder 70% du montant. Les 30% restant devraient être trouvés par Ségou, avec la participation de l’APE, de la Mairie, du CAP (Centre d’Animation Pédagogique) qui ont déjà promis leur appui. La Fondation Leïla Fodil apportera son soutien technique pour le montage et le suivi du dossier.

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Centre d’Enseignement Technique Industriel 


Comment continuer la coopération avec le CETI ?
Cette école se développe.
La coopéation entreprise par Daniel Laissus et Yves Pawlak a peut-être atteint ses limites.
L’association “ENFIN” d’Angoulême a un projet de coopération en construction et en équipement.

 Ladji Gakou, directeur, est venu nous chercher à l’aéroport et pendant le voyage, nous avons déjà bien discuté.
Tél de Gakou à la maison : 32 16 81    Tél portable de Gakou : 71 77 29
Les objectifs de notre rencontre sont les siens.

Visite du nouveau CETI
 Nous avions tenté de trouver Gakou au téléphone à l’ ”ancien CETI” pour qu’il vienne nous chercher chez nous. Gaoussou, le directeur des études nous avait dit qu’il était parti. Il envoie quelqu’un au chantier, mais il n’y est pas. Puis il nous dit : ” mais il a un téléphone cellulaire ! ” Appel, Gakou répond aussitôt. Quelle transformation que ces téléphones mobiles !
 Il y a maintenant 5 classes terminées. Un bloc de deux en cours de finition.
 ENFIN est au travail pour la construction d’un atelier de métallerie. Une foule de manoeuvres. Le CETI y a mis quatre anciens élèves en dessin comme renfort. Jeunes filles charmantes, alternant la pause sur le tas de sable avec un petit travail. Mais il fait une telle chaleur là bas en plein soleil !
Gilles est là. C’est le technicien du chantier. Il a de la difficulté à doser son ciment en eau, car cela tire aussitôt. Il ne pense pas pouvoir finir dans le temps. Les matériaux coûtent très cher.
Le chantier est peu avancé. Les fermes du toit ne sont pas encore posées. Il est probable que ce ne sera pas fini à la fin du mois....
La qualité de cette construction est médiocre. Certains murs ne sont pas droits....

Examen des projets en cours
 Les deux élèves sortants en 2001 ont été reçus à leur examen. Malheureusement ils n’ont pas bénéficié du stage en entreprise. Gakou pensait n’avoir pas reçu le financement.
 L’avance de trésorerie, qui devait être remboursée cette année au mois de mars sera repoussée d’un an avec fin définitive et irrévocable en avril 2003. Cette année-ci, un remboursement sera fait et aussitôt retourné.
 La subvention de matériel pédagogique a été utilisée en 2001 pour l’achat de matériel de maçonnerie, en 2002 en matériel d’électricité, en particulier 25 rouleaux de fil.
 Gakou demande des nouvelles du petit matériel électrique d’ACII. Il aimerait bien le voir arriver.
 Les voyages de Daniel et d’Yves sont trop courts. C’est une des raisons de l’apparence de peu d’efficacité ressentie par Daniel lors de son dernier déplacement.
Il devrait être porté à dix jours sur place au moins.
Un seul déplacement parait suffisant.
 Il est décidé que l’un des voyages sera remplacé par l’embauche de deux nouveaux élèves. En octobre 2002, 4 élèves seront  recrutés. Tous en CAP et non pas en BT qui demande 4 années. Il y aura donc au total six élèves pour l’année 2002-2003. Huit élèves pour l’année 2003-2004.
 Gakou dit qu’il est possible d’obtenir des formations pédagogiques à partir de Bamako. Il doit explorer dans les jours prochains la formation en comptabilité.

 Nous signalons à Gakou que des formations en informatique et en comptabilité doivent être faite à Ségou fin avril par l’association “Congés Solidaires”.  Cela pourrait intéresser ses professeurs. Nous le mettons en rapport avec Chaka Diarra, président du Comité de Jumelage de Ségou qui organise ces formations. La responsable de “Congés Solidaires” à Bamako est Nathalie Gérère, tél 20 08 71.
 L’envoi d’un rétroprojecteur serait le bienvenu !

 Le budget par année civile est difficile à intégrer dans le cadre de l’année scolaire qui commence en septembre et se termine en Juin.
Marie fera donc un budget plus clair par année scolaire.

 Nous convenons que la scolarité du 1er semestre scolaire 2002-2003 sera versée en juillet en même temps que les frais des stages d’insertion professionnelle, après que Gakou nous ait envoyé les résultats des examens.

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Les enfants des rue de Ségou 


Depuis 1997, la Fondation Leïla Fodil (FLF) aide le foyer d’écoute avec :
Des soutiens financiers pour les apprentissages.
Des bourses pour des élèves scolarisés en primaire.
Une aide générale pour améliorer l’ordinaire.
Une aide à un moniteur pour faire un stage à Abidjan.

A chaque visite, certaines années plusieurs fois, le bilan est fait.

Visite des enfants aidés par la FLF :
Une tournée à moto avec Baykoro et Solo nous permet de les rencontrer tous.

 Les élèves :
Mamadou Béni Traoré
Bréhima Coulibaly dit Bréma
Bourama Gaoussou Koumaré
 Les 3 élèves suivent bien la classe. Ils reçoivent un soutien en dehors des heures de scolarisation, grâce aux moniteurs, à l’UNICEF et d’autres organismes.
- Deux élèves sont à l’école du Centre administratif :
Béni en 5° année, est 17ème sur 65 élèves.
Bréma, en 4° année, est premier de sa classe. Il a une très jolie écriture.
- Un élève est à Hamdallaye B :
Bourama est en  3° année. Il est 15° de sa classe.
 Nous sommes frappés par le bon niveau général. Cela est dû probablement au soutien scolaire.

 Les apprentis :
Bakoroba Sylla. Tailleur
Bourama Bakary Le Samaké. Métallerie
Bourema Tienta (dit Vieux). Tailleur
Ousmane Moriké Koné. Tailleur
 Tous les trois arrivent à la fin de trois années de formation en Septembre 2002.
 En plus du stage pratique chez leur patron, ils suivent une “formation duale” pendant 4 ans : un an d’alphabétisation puis 3 ans de formation théorique technique et de formation générale. Ils y vont le vendredi, samedi et dimanche matin, 6 mois par an. Cette formation est soutenue par Swiss Contact et le FAFPA. Pour les tailleurs, elle est organisée par la coordination des tailleurs de Ségou dont Mr Oumar Seck est le président. Il est aussi le patron d’Ousmane Moriké Koné.

  Ils ont fait de grands progrès.

 Baykoro demande que leur formation soit allongée d’un an. Proposition refusée. On avait convenu de trois ans. Il faut s’y tenir. Tous terminent fin septembre 2002.  A la fin de ces trois ans, ils devraient recevoir un certificat signé du maître, du Centre d’Écoute et de la FLF, qui leur permettra de se placer. Mais Baykoro dit que c’est impossible. Ils ne pourront pas s’embaucher chez un patron. Celui-ci, considérant qu’ils n’ont pas suivi la filière traditionnelle qui est de 7 ans sans rémunération, ne les prendra pas comme des ouvriers. Il faudrait envisager de les aider à créer un Groupement d’intérêt économique (GIE). IL existe une proposition dans ce sens dans le budget présenté à la Fondation Raoul Follereau. Concerne-t-elle ces quatre apprentis ?
De toute façon, ce n’est pas notre rôle. De plus, nous voyons mal des jeunes de 17-18 ans déjà un peu instables, gérer un GIE. Ils courent à la catastrophe. Nous ne devons pas faire cela. Mais à quoi bon avoir aidé ces jeunes à faire une formation de cycle court. Cela n’a servi qu’à engraisser le maître d’apprentissage !
Deux apprentis ont dû changer de patron à cause de petits larcins.

Bakoroba Sylla : sait tailler et coudre. Il va chercher du travail comme ouvrier tailleur.
Bakari Lé Samaké : métallerie. Il a changé de patron cette année. Il sait faire des fenêtres et portes.
Bouréma Tienta, dit Vieux car il porte le nom de son père : son nouveau patron, Souleiman Marico, tout près du Centre d’Écoute va le garder comme apprenti. Son père est passé le voir. Bouréma ne suit pas encore de formation complémentaire car il est encore jeune.
Ousmane Koné est toujours chez son patron qui est le président de la coordination des tailleurs de Ségou. Il l’a à l’oeil pour le maintenir à son travail. Il monte très bien les pantalons mais ne coupe pas encore. Il est en 2° année de la formation duale. Son patron le garde donc encore deux ans pour terminer la formation.

 Au total, la formation donnée aux élèves et aux apprentis, financée par la FLF et suivie par les moniteurs du foyer d’écoute, a donné de bons résultats.

Quelques points de divergences :
 Accueil des enfants tout petits.
Nous faisons part de la nécessité de trouver dans leur accueil une image paternelle et une image maternelle dont l’importance pour la structuration mentale des enfants est si importante.
Nous avions d’abord pensé qu’on pouvait peut-être confier ces enfants à des “familles d’accueil” avec une rémunération, recrutées et surveillées attentivement. La direction de l’action sociale semblait favorable à ce projet, refusé par les moniteurs du foyer.
 Après les publications concernant les ventes d’enfants et l’esclavage des enfants africains par les africains eux-mêmes, nous avons pensé qu’il fallait rester prudent et qu’une autre solution serait possible : créer dans le nouveau foyer d'accueil, une section spéciale pour les tout petits sous la direction d’un couple.
Baykoro dit que cette proposition est irréalisable. Pour lui, la cuisinière qui vient actuellement le matin et repart le soir suffit. Mais comme c’est une cuisinière, elle part dès qu’elle a fini la préparation des repas. Elle n’y assiste donc jamais. Elle ne préside ni au lever, ni au coucher.
Pour Baykoro, la présence d’un couple permanent est impossible. Ces gens ne supporteraient pas le contact avec les enfants des rues.
 Il lui paraît également impossible qu’il y ait dans son équipe une monitrice. Sa présence à côté des moniteurs provoquerait “des histoires”.
Dans certains centres dans des pays voisins, les moniteurs ne dormiraient pas au centre avec les enfants. Ils se retireraient le soir, et il ne resterait que le gardien....
 Au total, nous sentons qu’il y a là un très grand problème.

 Examen du plan du nouveau foyer.
Nous sommes en possession du plan et du devis de ce nouveau foyer, queClaudine Bruck de Raoul Follereau Luxembourg nous a adressés en nous demandant de l’étudier.
Il npus semble qu’il y a de graves lacunes et des conceptions architecturales mal adaptées aux habitudes de vie africaines et en particulier aux fonctions de foyer pour des jeunes en difficulté.
Nous n’avons pas pu faire cette étude avec Baykoro, ni rencontrer monsieur Niang à ka Fondation pour l’Enfance à Bamako.
Nos remarques ont été transmises à la Fondation Raoul Follereau à Luxembourg.

Conclusion :
 Les résultats obtenus avec les élèves et les apprentis dont la scolarisation et la formation ont été financées par la FLF ont été excellents.
Les trois élèves sont bien classés.
Les apprentis connaissent leur métier au bout des trois ans d’apprentissage convenus.
 Il existe des divergences de conception de l’accueil qui rendent un perfectionnement de notre action commune impossible.
L’action menée par les moniteurs du foyer d’écoute et du foyer d’accueil des enfants des rues est difficile. Ils manquent de formation spécialisée. L’équipe, constituée uniquement d’hommes dont la plupart sont célibataires, manque de l’apport d’une présence féminine en son sein.
 Il serait naturel que la liste nominative de tous les enfants aidés par des particuliers ou des ONG étrangères soit communiquée à chacun dans son intégralité.

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La maison d'arrêt de Ségou 


Rencontre de Madame Sissao au tribunal.
 Nous commençons par mettre à plat l’histoire de la mère emprisonnée avec ses quatre enfants.
C’est une femme qui a fait toutes les prisons du MALI. Chacun se la renvoie. Dès qu’elle est sortie, elle vole et est à nouveau emprisonnée.
Dans la prison de Ségou, elle est tombée enceinte, a accouché, et comme il s’agissait de jumeaux, on a pensé qu’il fallait un supplément nutritionnel.  Francis a été attendri.  Le coût total de l’opération est le suivant.

Pour deux mois et demi :

Pour la mère :
- Suppléments alimentaires :        30000
- Quelques besoins personnels :  20000
TOTAL :                                           50000

Pour les enfants
- Lait frais (100litres)                     30000
- Vêtements :                                  15000
- Médicaments :                                9040
-Biberons + lait que les plus grands ont bu : 16640
- État civil :                                         7200
TOTAL :                                           70680

Jardin d’enfants                              13000
Hébergement des enfants             56000
TOTAL GÉNÉRAL                      189 680  =  2700 F CFA/Jour

 Elle est partie le 26 novembre, continuant sa périgrination a travers les diverses prisons du pays, soutenue chaque fois par une ONG compatissante.
Il est bien précisé à madame Sissao que si elle souhaite reproduire une action de ce genre, elle peut le faire sur la somme qui lui est allouée en “aide sociale”, mais que la Fondation n’accordera aucune subvention supplémentaire.
 Nous lui avons dit de même que les jeux pour les mineurs étaient à prendre sur la subvention “aide sociale” destinée à améliorer la condition de vie des mineurs. Nous avons suggéré que Mamadou profite des activités manuelles pour fabriquer des jeux.

Visite au procureur : Mr Karamoko DIAKITÉ.
 Il nous parle de l’intervention de l’association ENFIN, dans des termes peu flatteurs pour notre ami . Il ne semble pas faire confiance. A l’origine de cela, les divers projets envisagés puis abandonnés. La maison d’accueil des jeunes sortis de prison n’était pas dans les objectifs du tribunal. Madame Sissao nous l’avait bien dit.
La cuisine de la prison a été détruite pour préparer les travaux. Ceci a été fait il y a 6 mois et on attend la reconstruction.

Visite de la Maison d’arrêt :
téléphone : 32 18 14  Portable du régisseur : 72 41 99
Mr Alassan MAÏGA,  régisseur.  Mme SISSAO, Mamadou DIAKITÉ.
 Le nouveau régisseur est contrôleur de prison, formé à l’École Nationale de la Police de Dakar, avec des cours à l’Université et des professeurs français.
 La cuisine est faite dehors, sur des pierres puisque les foyers de la cuisine sont en effet détruits,  attendant la réfection par ENFIN. Il reste l’auvent en tôle.
 La cour du quartier des femmes a un sol avec des trous. Les travaux ont été mal faits, mais c’est peu de choses à corriger. Les toilettes sont propres.
 Le quartier des mineurs est maintenu en bon état. Mamadou Diakité donne deux heures de cours chaque matin avec 3 volets : alphabétisation, modelage et musique. Les mineurs qui restent pour de longs séjour, 6 mois à un an, sortent en sachant lire et écrire.  A la sortie, ils peuvent aller en apprentissage en menuiserie métallique avec Mali Enjeu.
Ceux qui font de courts séjours sont occupés. L’enseignement de la musique comporte du solfège. Les modelages se font en carton bouilli, bientôt en plâtre ou en argile. La Maison d’arrêt de Ségou a obtenu le 2° prix à l’Exposition nationale des détenus.
 La bibliothèque est utilisée par les agents, par les détenus fonctionnaires, par les enfants pour les BD et les livres d’images.
Ils souhaitent augmenter un peu le stock en BD et images, quelques classiques et des romans pour les adultes.
Ils voudraient un dictionnaire Larousse.
Et des instruments de musique à récupérer en France : guitare, flûte à bec, tambourins.

20 mars :
Nous avons payé des sacs de ciment et les membres d’ENFIN ont commencé les travaux de la cour de la cuisine.  Ils mélangent du sable et du ciment. Il n’existe pas de gravier, c’est dommage, car la dépense de ciment est supérieure. Je les encourage. Ils ont l’air assez impressionnés par ce qu’ils voient, en particulier la jeune fille.
Le lendemain, ils demandent 10 sacs de ciment supplémentaires. Accord pour 50000 Cfa. Le représentant Malien d’Enfin lève les bras au ciel. C’est 5500cfa le sac. Jeanine de Boynes me montre la facture qu’elle vient de payer à 5000 le sac, livré à Djigo. Je tiens bon pour ce prix.
 
 

CONCLUSION :
Nous avons rencontré le  nouveau procureur et le nouveau régisseur de la prison.
Avec madame Sissao nous avons reprécisé les objectifs de l’aide apportée par la Fondation Leïla Fodil :
- une somme appelée “aide sociale” destinée à améliorer les conditions de vie des mineurs détenus. Elle peut être utilisée à sa convenance, achat de jeux, de compléments alimentaires, de nattes...
- une somme “matériel pédagogique” destinée au matériel nécessaire aux activités de Mamadou Diakité avec les mineurs : alphabétisation et occupations artistiques.
- les indemnités de mamadou Diakité pour le travail avec les mineurs.
Ces sommes demeurent inchangées.
Nous avons fourni le ciment destiné à la réfection de la cour de la cuisine par l’équipe d’ENFIN.

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Formation et recyclage des accoucheuses traditionnelles 

La formation des accoucheuses traditionnelles, faite avec Kani Kané et Badra Sylla est cessée depuis deux ans.
Un bilan a été fait.
Le compte rendu écrit a été publié dans la revue “Développement et Santé” n° 156-décembre 2001.

Nous souhaitons poursuivre cette activité si les Maliens le souhaitent, en tenant compte de notre expérience.
- Perfectionner la pédagogie.
-Travailler en liaison avec le centre de santé du cercle, tout en ne prenant qu’une part du financement, car cette formation fait partie maintenant des tâches du cercle, dans le cadre du PRODES (Programme de développement sanitaire) du MALI.

Deux rencontres ont eu lieu :
 Le docteur SISSOKO, médecin chef du centre de santé du cercle.
 L’association SIGINYOGONJE, (Voisins Mondiaux).

 Rencontre de madame le dr SISSOKO
En présence de ses adjoints les drs Touré et Coulibaly. Un médecin cubain est absent.
Elle succède au dr Bambi BA.
Il apparaît tout de suite que la direction actuelle a décidé de prendre les problèmes à bras le corps.
 Nous donnons le texte du rapport concernant la formation des AT dans les années précédentes.
 Après exposé des diverses actions de la Fondation Leïla Fodil, nous abordons les souhaits de coopération du Centre de santé du cercle avec la Fondation Leïla Fodil.

Propositions de coopération du Dr Sissoko :
- Rénover et équiper la maternité de Diorro.
 J’avais visité cette maternité avec Kani Marie et les Kowalski il y a quelques années quand nous avions fait une supervision des AT formées.
A l’époque, une ONG américaine, Africare, soutenait cet arrondissement.
Cet arrondissement est assez “enclavé”. Une partie de l’année on ne peut pas y accéder, car il est environné d’eau.
 Il faudrait rendre cette maternité capable de servir de centre de référence, comme une maternité de CSCOM.
 Il ne nous est pas possible de prendre en charge maintenant cette rénovation, car nous avons fait l’étude de la rénovation de la maternité de Niono. La décision de prise en charge des frais de rénovation de cette maternité par l’État malien n’est pas encore prise. Mais, si l’État prend en charge ce dossier en entier, la Fondation pourrait se reporter sur Diorro.
- Continuer la formation des AT.
 Cette formation fait maintenant partie des objectifs de santé du Mali. On a reconnu l’importance de ces personnes qui suivent la plus grande partie des accouchements. Mais il faut qu’elles puissent bénéficier de formations et d’un recyclage régulier. Il serait aussi très utile de pouvoir les intégrer dans l’activité des CSCOM, le personnel de ceux-ci serait chargé de leur suivi.
 Madame Sissoko s’étonne que nous ayons formé des AT “en dehors des aires des CSCOM”. Nous répondons que nous avions reçu l’interdiction d’intervenir “dans l’aire”.
Il n’y a au centre de santé du cercle aucune ligne budgétaire spécifique pour la formation de ces AT.
 La Fondation ne peut pas prendre en charge la totalité des frais de cette action.
Notre aide pourrait se faire par apport de documents et de matériel. La participation aux frais de personnel est exclue.
Madame Sissoko va réfléchir à cette question et nous enverra un projet.

 Rencontres avec l’association “Siginyogonje” (Voisins Mondiaux)
Salim Touré
 La préoccupation majeure des paysans est la formation des AT. Ils l’ont exprimée clairement au cours de trois enquêtes récentes que Siginyogonje a faites.
Les villageois disent que quand les AT sont bien formées, les problèmes de naissance sont bien résolus.
 La formation de Sigi. est une formation initiale, puis les AT formées vont former à leur tour d’autres AT.
Là je suis un peu étonné, car cette formation fait appel à des notions précises. On voit mal comment l’enseignement peut être transmis par les élèves. Ce n’est pas ma façon de raisonner. Mais, comme il s’agit de notions très simples, peut-être est-ce possible ?
 En tous cas, il est clair que cette formation doit être la propriété des villageois. Tout ce que les villageois ne s’approprient pas, ils ne le suivent pas. Ils ne l’entretiennent pas. Un exemple : les forages de l’Arabie Saoudite. Ces forages qui nous ont paru si merveilleux, car ils donnent une eau propre, ne sont plus valides qu’à 20 % de leur nombre après cinq ans. Les villageois disent que ce sont les forages de l’Arabie et non leurs forages. De même pour les pompes avec panneaux solaires. Au bout de quelques années, elles ne fonctionnent plus. Il faut entretenir la pompe, faire venir quelqu’un de loin. Cela coûte cher. Pour les moulins c’est la même chose. Salim ne connaît pas de moulin qui fonctionne en brousse. Outre la difficulté de le faire marcher, cela tombe souvent en panne. Le déplacement du technicien est coûteux et il est tenté de faire des adaptations de fortune qui ne tiennent pas. Il y a aussi la gestion....
 

Salimata Traoré, sage femme
Demande d’explications complémentaires sur  l’enseignement des AT.
 Dans chaque village, il y a deux AT .
Elles ne s’occupent pas seulement des grossesses, mais aussi d’autres problèmes de santé: nutrition, maladies respiratoires et diarrhéiques.... Plus jeunes que les AT habituelles, elles sont formées par les CSCOM du centre de santé du cercle et forment les autres par compagnonnage.
 Pour la formation : utilisation du livret BD de la Fondation Leïla Fodil. Salimata l’a refait en plus grand, en modifiant quelques dessins. Il ne semble pas qu’elle en donne un à chaque AT.
 La formation se fait en général dans un village assez central, ou bien dans le centre de santé.
Les AT sont regroupées. Une dizaine par formation, parfois moins.
Elles se rendent dans un village où on vient les chercher avec un véhicule pour aller au centre.
 Elles apportent chacune 5 kg de mil donné par le village. Elles sont logées en commun. Coût 3000 Cfa pour leur groupe et leur séjour.
L’association paye les condiments. Ce n’est pas très cher.
Le formateur du CSCOM reçoit 3000 Cfa par jour. Certains réclament plus, jusqu’à 10.000, mais dans ce cas, l’association a refusé la formation.
L’animatrice de Sigi ne reçoit pas de paiement complémentaire, car elle reçoit déjà son salaire. Elle loge avec les AT.
 Quand la formation a lieu au centre de Ségou, le transport des AT est payé par le projet. Le logement est assuré dans les locaux de l’association. Elles apportent les céréales. Le reste est payé sur place.

Détails sur la formation des AT
 Salimata revient de Tominian. Elle a passé une dizaine de jours. Avant de rentrer se reposer à la maison, elle accepte de nous recevoir pour nous expliquer sa méthode.
 Le programme de l’enseignement suit la chronologie habituelle.

Les cours sont faits en Bambara

Déroulement :

- La journée :
 Commence à 8h jusqu’à 11h30. 15 h à 18 h.
 Le soir, les AT prennent la garde deux par deux.
- Chaque matin, la sage femme de la maternité explique les cas observés.
- Puis le cours a lieu, en expliquant plusieurs fois.
- Au début de chaque séance, on répète ce qui a été dit au cours de la séance précédente, et même depuis le début de la formation.
- Le cours :
 Il est donné par la sage femme du centre de santé. La sage femme de Sigi. se contente d’observer, de prendre part quand c’est nécessaire, et d’accompagner les AT en dehors des cours. Par exemple, elle dort avec elles, ce qui entraîne des discussions qui se prolongent tard dans la nuit.
 La sage femme commence par interroger les AT sur ce qu’elles connaissent de la question qu’on va traiter. Puis elle expose.
 Elle demande ensuite à chaque AT de répéter ce qui a été dit, jusqu’à ce que ce soit dit en entier et dans le bon ordre.


Suivi :
 Par Sigi. une fois par an.
 Par la sage femme du centre de santé une fois par an, en rencontrant chaque AT dans son village.
 Par l’infirmière du centre de santé et par le chef de poste, une fois par trimestre.

 Modalités :
Voir la fiche page suivante.

Fiche de suivi des AT

Selon Siginyogonje
Le questionnaire repose sur la détection des risques.
La sage femme demande à l’ AT de citer les circonstances de référence dans chaque moment de la grossesse.

La réponse positive fait inscrire une croix dans la case suivante.


AU MOMENT DE L’EXAMEN PRÉNATAL :


AU MOMENT DE L’ACCOUCHEMENT


APRÈS LA NAISSANCE

 GUIDE DE SUPERVISION DES ACCOUCHEUSES TRADITIONNELLES

  Activités à mener   Réalisées ou non  Observations

 Accouchement
1  Pratiquer un accouchement        Nombre
      Laver les mains avec du savon
      Faire la ligature du cordon avec un fil imbibé d’alcool
      Faire la section avec une lame stérile
      Faire un pansement ombilical propre
2 Évacuer un accouchement difficile       Nombre
        Motifs d’évacuation :
        -
        -
        -
3 Accouchement difficile résolu       Nombre
        Causes :
        -
        -
        -
 Existence et remplissage du carton
 Existence et remplissage de la fiche de suivi

Consultation prénatale
Pratique d’une consultation prénatale       Nombre
      Anémie
      Mensuration
      Oedèmes
      Mouvements foetaux

 Maladies
1 Reconnaître le tétanos néo-natal       Nombre
       Maladie survenant du 7° au 10° jour
       Le n né devient raide quand il y a du bruit
       Il ne peut pas téter
       Il pleure sans cesse

2 Nivaquinisation des femmes enceintes      Nombre
         De femmes
         De séances

3 Réhydratation orale  Nombre de cas

4 Nutrition
          Préparation d’une bouillie enrichie   Age d’introduction
          Mil
          Arachide
          Haricots

Gestion
Tenir propre une trousse d’accouchement    Comment ?
Déclarer les naissances

Composition de la trousse d’accouchement


Renouvellement : l’accouchement est payant (500f)

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Planification Familiale Naturelle à Ségou 

École d’Infirmières
Mima m’a demandé d’aller faire un cours de 2 heures sur la planification familiale naturelle et la MAMA à l’heure de son cours sur la planification familiale. Je pensais qu’elle viendrait avec moi et asisterait à mon cours. Malheureusement elle n’est pas venue.
Une trentaine d’élèves de 3° année, très attentives.
Découvrent que les variations de longueurs du cycle ne sont pas anormales.
Comprennent bien le rôle de la glaire dans la fertilité.
S’interrogent sur la possibilité pratique de l’abstinence. (Le désir n’est il pas plus grand en période fertile ?)

Soeur Maria Angèles me demande de l’avertir de mon prochain séjour pour faire aussi une séance avec les jeunes filles du cours de remise à niveau.
   Documents remis :  livret PFN Ségou
   La flotille de l’espoir (prévention SIDA) remis à Mima pour l’école
 

SIGINYOGONJÉ (Voisins Mondiaux)
Mme Salimata TRAORÉ, sage femme
Mme MAÏGA  comptable
Mme  secrétaire

Lors de la première rencontre, deux questions avaient été soulevées : les cas nombreux de stérilités secondaires, et la planification familiale.

Présentation du cycle féminin et du rôle de la glaire dans la fertilité.
Cycle sans grossesse et cycle avec grossesse.
Différentes longueurs de cycle.
Observation de la glaire pour repérer la période fertile.

Nombreuses questions :
- durée de vie des spermatozoïdes
- ménopause retardée si prise de pilule ou grossesses nombreuses
- différence entre pertes vaginales et glaire
- infections
- comment adapter les graphiques à des analphabètes ?

Problèmes rencontrés :
- refus de la PF car les enfants sont une richesse, ils sont des bras pour cultiver.
- polygamie : peut être cause d’infertilité si le mari n’est jamais là au bon moment. Et aussi à cause de la multiplication des relations sexuelles que cela comporte.
Et comment faire avec la PFN si le jour avec une femme ne correspond pas à la bonne période.
- méconnaissances, racontars, idées fausses sur les méthodes de planification familiales et la sexualité, peur des contraceptifs.
- la contraception est peu utilisée dans les villages. Salimata a rencontré un couple pratiquant la PFN. Il avait appris en Côte d’Ivoire.
En ville : au début, les injectables étaient réservés aux femmes agées ou grandes multipares. Maintenant on les donne même aux jeunes femmes.
Les pilules sont maintenant en DCI et en vente libre sur le marché.

Documents remis :
- livret PFN Ségou avec planches pour photocopies
- planches photos glaire du CLER.
- règle du cycle en carton pour qu’elles en reproduisent.
- livret “La flotille de l’espoir” sur la prévention du SIDA.
Documents prêtés : tout mon classeur pour photocopies.

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