Nos actions au mali

En 1984, la ville d’Angoulême où nous habitons s’est jumelée avec celle de Ségou…. au MALI.
Jean Bernard faisait partie de la délégation chargée de l’étude du jumelage. Ce fut pour lui comme un grand choc. Le temps était venu, pour Marie, son épouse, et lui de consacrer une partie de leur temps de vie active à l’aide aux enfants défavorisés.
Les Maliennes et les Maliens rencontrés nous ont fait profiter de leur expérience et de leur savoir. Ils nous ont guidés fraternellement d’abord dans la réalisation de rénovations hospitalières et la formation de certains agents de santé. La description de ces actions figure sur la page Historique.
Ensuite et depuis 25 ans, l’éducation et la formation professionnelle des enfants et des jeunes est l’activité principale de la Fondation Leïla Fodil à Ségou.

Vous retrouverez tout au long de cette page, la description des actions actuelles de la Fondation. Ce sont tout d'abord les efforts pour assurer une scolarisation décente pour les enfants les plus démunis de Ségou qui vont sont introduits. Ensuite, sont présentées les formations à vocation professionnelles que la fondation soutient. Enfin, vous pourrez apercevoir les actions et l'investissement des correspondants de la Fondation sur place au Mali.

Présentation du Mali

Contexte

Le Mali est un grand pays chargé d’Histoire et de légendes qu’on aimera conter, éblouissantes de gloire de splendeur et de richesses. C'était il y a bien longtemps. La traite vers l’Est et vers l’Ouest l’a appauvri. La colonisation française a apporté la paix au prix de combats sanglants, mais le peuple est resté pauvre. Grand comme deux fois et demie la France, peuplé maintenant de 15 millions d’habitants, le Mali, après 50 ans d’indépendance, est un des pays plus pauvres de la terre. Vous trouverez dans cette partie une présentation succincte du Mali. Elle vous permettra de saisir le contexte de notre action.

Le Mali exporte du coton, dont les prix sont concurrencés par le coton subventionné des Etats Unis d’Amérique, et du bétail : le cheptel du pays compte environ 8 millions de bovins, 20 millions de moutons et de chèvres. L’or a fait la richesse du pays dans les temps anciens. On raconte que Kankan Moussa, Roi des Rois du Mali, est parti en pèlerinage à la Mecque en 1324, avec une suite de 60 000 hommes, 12 000 esclaves et 80 dromadaires porteurs chacun de 100 kg d’or. La vente de cet or pour subvenir aux besoins de la caravane avait fait s’effondrer le cours du métal jaune dans tous les pays traversés, et même à Amsterdam. Actuellement, l’exportation de l’or représente 75 % des exportations sous forme de minerai expédié au Canada, ce qui n'est pas suffisant pour faire vivre le pays.

Le Mali est situé à la 173° place des 177 pays pour lesquels l’Indicateur de Développement Humain (IDH) a été calculé. Le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant est de 691 $, soit 1,9 $par jour (en France, il est de : 41 018 $). Le Mali est pauvre pour plusieurs raisons:

  • Il est sans accès à la mer, enclavé entre la Mauritanie, l’Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Equatoriale et le Sénégal.
  • Il y fait chaud, la terre est peu fertile, il y'a peu d'eau
  • Le paludisme y sévit
  • Il n'y a pas les ressources énergétiques suffisantes. L’électricité est produite par le barrage de Manantali sur le Bafing, affluent du Sénégal, dans la région de Kayes. Il produit 381 GWh dont 52 % pour le Mali, représentant 43% de la consommation du pays. La consommation annuelle d’électricité par habitant serait de 380 KWh (en France : 7468, vingt fois plus!).
  • Il n’y a pas suffisamment de main d’œuvre performante.
Carte du Mali
Carte du Mali

Le Mali comprend trois parties géographiques:

  • Au Nord, le Sahara, deux tiers de la surface totale. Beauté du désert, splendeur ancienne révélée sur les figures rupestres, richesse culturelle des manuscrits religieux de Tombouctou, mais maintenant misère. Apparemment vide, il contient dans son sous-sol du pétrole et des minerais qui attirent les convoitises. Il est actuellement le repaire des bandes armées qui n’ont plus de Touareg que le nom, des islamistes et de bandits de toutes sortes venus de tous les lieux où on se bat pour la drogue, la traite, le vol, les armes.
  • Au Centre, le Sahel, zone intermédiaire où la sécheresse alternant avec des pluies qui se font espérer, permet la culture l’élevage et la pêche, qui font vivre 80% de la population du pays. 10 % sont des nomades. La région de Ségou, compte 2 300 000 habitants. La ville de Ségou a 200 000 habitants, deuxième en importance après la capitale, Bamako. Elle est actuellement encore épargnée par les évènements. Le Sahel est traversé par le Niger, qui irrigue plusieurs millions d’hectares dont une partie est cultivée en riz et en canne à sucre, grâce au barrage de Markala à 20 km à l’Est de Ségou. L’Office du Niger, organisme d’Etat, gère ces terres. Les ressources de la Région de Ségou sont essentiellement agricoles. La ligne électrique alimentant la ville est d’une puissance insuffisante pour fournir une industrie. La Comatex, qui tisse le coton, dirigée par des Chinois, fabrique elle-même son énergie.
  • La partie la plus au Sud se rapproche de la zone tropicale, humide, riche en forêts et en cultures vivrières.

Les troubles actuels ont apporté une modification considérable au pays. Au Nord et à l’Est, l’insécurité est présente, jusqu’à la rive gauche du Niger. Les habitants en souffrent. Des massacres ont lieu. Plus de 2 000 écoles ont été contraintes à la fermeture. La mission française Barkhane aidée par les troupes Maliennes et celles de l’ONU tentent de faire revenir la paix.

Pour plus de la moitié de la population, la vie est difficile. Il faut chaque jour que le chef de famille et son épouse cherchent de quoi manger le lendemain. Le Mali est un des pays les plus pauvres du monde. 51 % de la population vit avec moins de 1,25 $ par jour, qui est le seuil international de pauvreté. C’est cette somme dont un Malien pauvre dispose au maximum chaque jour pour assurer ses besoins minimum. Le seuil de pauvreté en France est calculé comme au-dessous du revenu de 60% des habitants du pays : 954 € par mois, soit 32 € par jour, vingt six fois plus ! D’une façon ou d’une autre, les enfants travaillent. Une enquête a montré que 36 % des enfants de 5 à 14 ans se livraient pendant la semaine à une activité économique pendant au moins 14 h ou à des corvées ménagères pendant au moins 28 heures, avec peu de différence entre les garçons et les filles. Quand les enfants vont à l’école, le temps de repos est souvent consacré à ces activités, en particulier pour les filles qui partagent les tâches ménagères. Il y a souvent à la maison une "petite bonne". Ces jeunes filles de 12 à 15 ans, sont envoyées par leurs familles vivant en brousse pour soulager la charge alimentaire de la famille. Méprisées, on ne leur dit pas bonjour, elles travaillent de 6 heures du matin à 22 heures : ménage, cuisine, vaisselle, lessive, sans repos hebdomadaire ni congé. Elles reçoivent en guise de paye parfois un vieux pagne ; exceptionnellement un billet de mille francs (1,5 €). L’argument donné est : "Elles apprennent leur métier de mère de famille". Ce sont des esclaves modernes.

La destinée des filles est le mariage et les nombreux enfants sont la gloire du mari. L’âge du mariage est officiellement fixé à 18 ans, mais la loi est contournée par le mariage religieux appelé "fiançailles", qui permet à la jeune femme d’habiter dans la même maison que son fiancé. Ainsi, 15 % des femmes sont « mariées » à 15 ans ; 55 % le sont à 18 ans. 46 % des femmes de 20 à 24 ans ont accouché de leur premier enfant avant 18 ans. Cette situation n’est pas toujours un choix délibéré des jeunes filles. Les grossesses précoces sont la cause de nombreuses morts maternelles. Le taux de fécondité en 2010 était de 6,3 enfants par femme, ayant baissé seulement de 0,6% depuis 1990. 8% seulement utilisent des contraceptifs. La mortalité des mères à la naissance de leur enfant est de 830 pour 100 000 naissances vivantes. (En France, elle est de 8 pour 100 000). Une femme sur 22 meurt des complications d’une grossesse pendant ses années de fertilité (En France, c’est une sur 6 600). La plupart des femmes mariées interrogées souhaitent porter moins de grossesses.

Quand on circule dans le pays, en particulier dans les villes, on pourrait imaginer que le statut des femmes est voisin de celui des hommes. Il y a des femmes aux guichets des banques et de la poste. Les commerces sont souvent tenus par des femmes ; il y a des femmes médecins, juristes, députés et ministres. Ces femmes sont respectées. La réalité comporte d’autres aspects. La vie des jeunes femmes et des mères de famille du peuple est chargée de difficultés et de dangers. Dans leur jeune âge, 85 % des jeunes filles subissent l’excision. Si la mère de famille déclare y être opposée, l’intervention sera faite à son insu, sous l’autorité de la grand-mère, en profitant d’une absence. D’ailleurs, 76 % des femmes soutiennent cette pratique ! Toutes les filles d’une de nos amies ont été ainsi excisées de cette façon, sauf une. Elle avait souffert d’une coqueluche avec quintes asphyxiantes à l’âge de six mois. Sa mère l’avait sauvée en lui faisant le bouche à bouche. Elle a obtenu que l’excision lui soit évitée, car "elle avait déjà payé suffisamment". L’égalité sociale des femmes et des hommes n’est pas encore acquise. Les violences exercées par les hommes sur leurs épouses sont fréquentes. Celles-ci les estiment même comme justifiées. 83% des adolescentes de 15 à 19 ans estiment qu’un mari est en droit de frapper ou de battre son épouse dans au moins un des cas suivants : si elle brûle le repas ; si elle se dispute avec lui ; si elle sort sans le lui dire ; si elle néglige les enfants ; si elle refuse d’avoir des rapports sexuels.

L’espérance de vie était de 34 ans en 1970 ; 44 ans en 1990. Elle est de 51 ans en 2011 (France : 81 ans). Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans pour 1000 naissances vivantes était en 1990 de 255. En 2010 il est de 178, c’est-à-dire quand même 120 000 morts par an. Le taux de mortalité des enfants de moins d’un an était en 1990 de 131. Il est en 2010 de 99. Le Mali reste quand même à l’avant-dernier rang des 186 pays recensés.

Les enfants de 10 à 19 ans sont au nombre de 3 612 000, soit 23% de la population. La scolarisation en primaire est théoriquement de 77%. Mais la fréquentation n’est que de 62% pour les garçons et 55% pour les filles. En premier cycle du secondaire, 50% sont scolarisés. En 2° cycle, il n’y en a plus que 26%. Le taux d’alphabétisation des jeunes de 15 à 24 ans est de 47% des hommes et 31% des femmes, ce qui montre le peu d’efficacité de l’école publique Malienne. La proposition à des parents pauvres d’envoyer leur enfant à l’école n’est pas toujours accueillie avec enthousiasme. Enfermés dans leurs difficultés quotidiennes, ils ne sont pas en état d’estimer les avantages de la scolarisation : possibilité de suivre une formation professionnelle ; possibilité d’exercer un métier plus rémunérateur que celui des parents ; ainsi vie plus aisée et pour les parents assurance pour les vieux jours. Beaucoup n’envisagent pour leurs filles que l’avenir du mariage. L’envoi d’un enfant à l’école peut être ressenti comme un manque à gagner, soit qu’il aide le père, soit qu’il participe largement à l’entretien de la maison, soit qu’il apporte quelque argent par la mendicité ou la prostitution. La pauvreté pousse les jeunes à décrocher au milieu du secondaire et à se porter sur le marché des petits travaux. Elle oblige les filles à se marier. Certains villages refusent carrément la scolarisation des enfants et la construction d’une école. La menace des gendarmes, car la scolarisation est obligatoire, n’y fait rien. Les parents qui hésitent à inciter leurs enfants à faire des études sont souvent dominés par le désespoir. L’absence de débouchés pour les diplômés en est souvent le motif. Pire encore : beaucoup de pères de famille maîtrisant parfaitement le Français, ne le parlent pas avec leurs enfants en famille et ne les aident pas dans leurs devoirs à la maison. Arrêtons nous un moment sur les conséquences de ces chiffres. Quand on circule à Ségou, il est de plus en plus difficile de se faire bien comprendre en utilisant le Français, langue officielle du pays. En brousse, il n’est pas question de parler Français, on parle le dialecte local : le Bamanankan. Les jeunes sortis du baccalauréat et des grandes écoles, si on exclue les enfants des "grands quelqu’un", n’ont qu’une connaissance rudimentaire du Français.

Les Ecoliers

Actions

Pour l'année 2017-2018, la fondation Leïla Fodil soutient 6 enfants en maternelle, 261 enfants à l'école primaire, 75 collégiens et lycéens en second cycle ainsi que 7 étudiants à l'Université. Découvrez ici ce que fait la Fondation pour soutenir ces jeunes et les aider à démarrer du bon pied dans leur vie.
La pauvreté entraine l’ignorance. Le savoir la vaincra.

Cour devant la maison d'une grand famille
Cour devant la maison d'une grand famille

 

En 1996, notre ami Alou Traoré nous a demandé d’aider des enfants de familles démunies pour aller à l’école. Ne pouvant pas acheter l’ardoise, le crayon, le Bic, la gomme, la règle et le petit sac pour porter tout cela, ils sont refusés par l’école publique ! La Fondation leur a payé les fournitures et donné à leur famille une bourse de vie mensuelle de 7 000 francs Cfa (10,6€). Cette bourse permet de leur acheter une culotte, une chemise, une paire de chaussures et leur nourriture. Ainsi ils n’iront plus mendier ou se donner dans la rue. Il sont 6 en 1996 ; 24 en 2001.

Cette année là, nous faisons passer un test simple pour évaluer les acquis de ceux qui sont en 4° année. (Les années scolaires sont comptées au Mali en sens inverse de chez nous). La 4° année correspond au CM1. Désespoir ! Ils ne peuvent pas écrire leur nom ; ils ne réussissent pas des opérations de calcul simples ; ils ne peuvent lire que ce qui est écrit dans leur livre. Pourquoi cette situation ?

Leur pauvreté les fait placer au fond de classes de 90 élèves ou plus, car ils ne peuvent accéder aux premiers rangs. Le maître n’a ni le temps ni la possibilité de les aider ; leurs parents non plus, car ils ne savent ni lire ni écrire, à peine parler la langue française, langue officielle, qui n’est d’ailleurs pas enseignée dans les premières années de scolarisation. Il faut changer.

Nous décidons alors de placer ces enfants dans des écoles privées. Créées par des enseignants en retraite, le nombre des élèves par classe est moindre (entre 20 et 40) ; les enseignants mieux payés sont plus attentifs. Mais cela coûte cher ! Les frais de scolarité se situent autour de 50 000Cfa (75€) par an. Avec la bourse mensuelle, la scolarisation d’un enfant coûte 245€ par an.

La Fondation décide de faire le choix du meilleur à la place du nombre.

En 2002, ils sont 27, répartis dans plusieurs écoles de la ville. En 2006, les premiers d’entre eux passent en second cycle (de la 6° à la 9° année)
Leur scolarisation se fait alors dans des écoles publiques. Ils sont bien armés pour suivre. Ils sont très souvent dans les premiers de la classe.
La Fondation Leïla Fodil ne leur offre plus que les fournitures scolaires au début de l’année.
À la fin de la 9° année, l’examen du DEF (Diplôme d’Etudes Fondamentales) est nécessaire pour passer au lycée. C’est un examen difficile. Les élèves sont alors boursiers d'État. Le succès de nos élèves est supérieur à la moyenne nationale. En 2014, le premier entre à l’Université. C’est d’ailleurs une jeune fille.

En 2015, nous recrutons 3 élèves dans une école maternelle. Créée par les dons des amis d’une fille d’Abdoulaye Keita qui habite en France, c’est une véritable école maternelle et non une garderie. Les acquis pendant les trois années d’étude en maternelle permettent à ces enfants d’acquérir les repères si utiles à une bonne scolarisation ultérieure et leur éviteront les redoublements que nous constations si fréquents.

Pour aider tous ces enfants et encore plus, faites un don !

Année après année à Ségou, nous sommes surpris par les difficultés de beaucoup de Maliens à appréhender leur environnement, quel que soit leur âge. Ils ont du mal à se situer dans le temps, vivant le jour présent et le lendemain, sans chercher à planifier les tâches. La lecture de plans ou de cartes géographiques leur est difficile. Ces troubles s’observent surtout dans les familles pauvres dont les parents ne savent ni lire ni écrire.

Avec le temps, il nous est apparu évident que la cause de ces handicaps réside dans l’absence de jeux éducatifs. Vous savez, les cubes à rentrer dans un carré, les pyramides dans un triangle, etc. ou bien le Memory, ou les dominos. Les enfants des familles riches peuvent disposer de jeux, de moyens éducatifs permettant de développer le sens des volumes, du temps, de l’espace. Chez les pauvres, ces jeux n’existent pas. Et lorsque la scolarisation commence, au primaire, le temps n’est plus aux jeux. Les pauvres n’ont pas acquis les bases du temps, de l’espace et des chiffres et lettres.

Il y a quatre ans, faisant la même analyse, Djeneba Keita, fille d’Abdoulaye, et ses amies de France ont créé une école maternelle. L’école maternelle « Les anges » fonctionne comme une école maternelle européenne : peu d’élèves par classe, des monitrices formées à ce travail, associant les jeux éducatifs individuels et collectifs à l’ébauche de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Nous y avons placé des enfants nés dans des familles démunies. L’expérience commencée il y a trois ans semble concluante. Le premier enfant ayant suivi trois années de maternelle est passé en première année de premier cycle (cours préparatoire). Il est le premier de sa classe, le plus éveillé et le plus attentif. L’année prochaine (2018-2019), quatre enfants sortiront de cette école maternelle, nous espérons qu’ils suivront le chemin du premier. Ce sera alors une démonstration éclatante.

 

En 2010, un don exceptionnellement généreux  permis de construire quatre bibliothèques dans quatre écoles de la ville :

  • Hamdallaye
  • Anita A
  • Hampâté Ba
  • Pelengana marché

Une grande collecte a permis d’envoyer 2 500 livres. Le plaisir de la lecture a été partagé entre les élèves, les habitants du quartier et les étudiants qui y ont trouvé de la documentation pour leurs études.

Extérieur d'une bibilothèque
Extérieur d'une bibilothèque
Pas de description
Dans une bibilothèque
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Bibliothèque donnée
par la fondation

 

Les élèves et les professeurs de l'école en 2012
Les élèves et les professeurs de l'école en 2012

L’école des jeunes aveugles de SÉGOU (IRJAS – Institut Régional des jeunes aveugles de Ségou), a été construite en 2011 par la Fondation Leïla Fodil grâce à un don particulier.
Elle se situe dans une école publique de la Ville. Les enfants aveugles côtoient ainsi les enfants clair voyants pendant les récréations. Des maîtres de l’Education Nationale du Mali ont été affectés à cette école. Elle a été dotée de matériel simple et de deux machines à écrire Perkins.

Elle accueille 24 jeunes de milieux économiques très défavorisés pour la scolarisation. Ces jeunes aveugles étaient pour la plupart d’entre eux isolés dans la maison de leur famille ou bien envoyés en mendicité dans les rues de la ville. Les élèves sont transportés par des moto taxis. Ils reçoivent à midi un repas confectionné pour eux par une cuisinière. Ils reçoivent une bourse de vie mensuelle de 7 000  francs CFA, qui permet de soulager la famille.

Cette année (2018-2019), quatre d’entre eux ont réussi l’examen du DEF (Diplôme d’Etudes Fondamentales) et sont partis au lycée de l’UMAV (Union Malienne des Aveugles) à Bamako.

En mars 2019, une convention a été établie avec la Fondation LUCIE CARE À Bordeaux, qui a accordé à la Fondation Leïla Fodil une subvention annuelle de 9 000 €.

Avec la bourse mensuelle, la scolarisation d'un élève aveugle coûte 416€ par an et dure 6 ans. Pour aider ces enfants et plus encore, faites un don !

La formation professionnelle

Actions

Quarante trois pour cent des Maliens vivent avec des ressources inférieures au seuil de pauvreté. À Ségou, les pauvres sont très nombreux. Chaque jour, le chef de famille doit chercher ce qu’il pourra donner à manger à ses enfants. Les jeunes issus de familles défavorisées, sont sans espoir. La Fondation Leïla Fodil leur propose une aide pour suivre des formations professionnelles qualifiantes qui leur permettront d’exercer un métier rémunérateur. Pendant l'année 2017-2018, nous avons pu aider 15 élèves dans des formations professionnelles du Centre de Perfectionnement Technique (CPT) : métiers du bâtiment et teinture. La fondation Leila Fodil paie leurs frais de scolarité, leur donne une  bourse de vie de 7000 CFA par mois et surveille le bon déroulement de leurs études.

Coupure de tôles au CETI
Coupure de tôles au CETI

Entre 1996 et 2016, nous avons placé des étudiants au CETI (Centre d’Enseignement Technique Industriel). Cet établissement avait été créé par Monsieur Ladji Gakou. Il proposait des formations en maçonnerie, électricité, gestion, métallerie, mécanique auto, selon des modules définis par l’Etat Malien et donnant la possibilité d’obtenir un diplôme officiel. Environ 115 jeunes, garçons et filles ont suivi ces formations. La Fondation payait leurs frais de scolarité et leur donnait une bourse de vie mensuelle de 7 000Cfa (10,7€).

Une coopération avec le Rotary club de Bourges a permis d’envoyer une grande quantité de matériel technique. L’aide de la Fondation a visé aussi la formation des enseignants.

En 1997, Monsieur Gakou a bénéficié d’un stage à Angoulême, à l’IUT et l’association ACII dirigée par l’Usine Leroy Somer.

En 2007, Daniel Jacques, technicien en métallerie a passé trois semaines au CETI pour perfectionner les élèves en soudure.
La même année, Mamedi Gakou, oncle de Ladji, est venu à Angoulême pour se perfectionner en comptabilité-gestion. Sa formation a duré quatre ans.

En 2016, l’Etat a racheté l’école, qui n’a plus accepté de nouveaux élèves « libres » comme ceux de la Fondation, tout en laissant les présents (31) suivre le cours de leurs études sans frais. Nos derniers élèves terminent leurs études en 2018-2019.

Les vaches du Centre
Les vaches du Centre

 

Le Centre Agro Pastoral est une belle école privée, construite par Daouda KANE  pharmacien de Ségou, ouverte en 1999. Elle reçoit des élèves libres et des élèves « orientés » par l’Etat qui paye une pension de 35 000 Cfa par trimestre. Ils sont recrutés après le DEF. L’école prépare aux brevets de technicien : BT1 en 2 ans et BT2 en 4 ans, en agriculture et en élevage. Un élève sur trois est une fille. À la sortie, les diplômés sont embauchés dans des pharmacies vétérinaires ou dans des exploitations privées ou publiques.

Depuis 2011-2011, la Fondation y a placé 30 élèves, recrutés selon les critères de revenus communs à tous les recrutements de la Fondation.

En 2018-2019, aucun recrutement n’a été possible, l’Etat ayant cessé de placer dans l’école des jeunes « orientés », c’est à dire ayant coupé les subventions.

A la suite du rachat du CETI par l'Etat malien, monsieur Ladji Gakou a créé et construit une nouvelle école, le Centre de Perfectionnement Technique (CPT), qui donne des formations en alternance, beaucoup plus centrées sur la pratique.  Les formations proposées dans le centre sont la maçonnerie, la peinture, la plomberie, le carrelage, la teinture, l'électricité, le solaire photo voltaïque, le froid climatisation.  Ces formations modulaires s’adressent à des jeunes sans qualification ayant pour la plupart échoué dans la scolarisation classique.

Le programme très pratique des études a été conçu avec l’aide d’organismes internationaux français luxembourgeois et maliens : ID Sahel - Lux-développement - ORT Mondiale. Il comprend 30% de cours théoriques et 70 % de travaux pratiques effectués dans des entreprises. L’encadreur du chantier en cours rendant compte des résultats des apprentis au CPT. C’est une formation en alternance d’artisans qualifiés. Les études durent de trois mois à un an suivant les spécialités. Les jeunes formés reçoivent un diplôme d’Etat. Ils peuvent trouver un emploi salarié ou s’installer à leur compte.

Les 15 premiers élèves de l’année 2017-2018 ont tous trouvé du travail.

Avec la bourse mensuelle, la scolarisation d'un apprenti en formation professionnelle coûte 400€  et dure de 6 à 9 mois. Pour aider ces apprentis, faites un don !

Ecole d'infirmières
Les soeurs avec des infirmières

Les infirmières

Le Centre Vicenta Maria, a été créé par des religieuses Espagnoles. Cette école accueille 600 jeunes femmes. Elles peuvent y entrer sur concours. Certaines d’entre elles sont encouragées par leur mari. Celles qui habitaient en brousse ont été accueillies en internat. La Fondation Leïla Fodil prend en charge celles qui, reçues au concours, ne peuvent pas payer les frais de scolarité. Elle leur donne une bourse mensuelle de 7 000Cfa.

Il y a trois degrés de formation :

  • La formation de technicien de santé. Depuis 2004-2005, 70 jeunes femmes aidées par la Fondation ont obtenu la formation.
  • La formation d’infirmière Diplômée d’Etat. Commencée en 2014-2015, 13 jeunes femmes aidées par la Fondation ont été diplômées.
  • Une d’entre elles suit une formation de sage femme.

Avec la bourse mensuelle la scolarisation d'une élève infirmière coûte 448€ par année et dure 3 ans. Pour aider ces jeunes femmes et plus encore, faites un don !

 

Les couturières

Au Mali, la couture est traditionnellement faite par les hommes. Les tailleurs ont leur boutique. Ils exercent même en bicyclette, passant de maison en maison pour les petites réparations. La formation en coupe et couture proposée par les religieuses de Vicenta Maria a deux buts :

Une apprenti couturière à la tâche
Une apprenti couturière à la tâche
  • Elle permet aux femmes de se faire coudre des vêtements par des femmes.
  • La prise des mesures et les essayages sont plus facilement supportés.

Ainsi, la mode se transforme. Les grands boubous amples, issus d’une seule pièce de tissu sont remplacés pour les fêtes par des robes moulantes.
Il est proposé aussi à ces jeunes femmes qui ont souvent dû interrompre leurs études de suivre une remise à niveau scolaire. Ces couturières deviennent aussi des conseillères pour les femmes de  leur quartier. L’obtention du DEF a permis à certaines de poursuivre dans les études d’infirmière.
De 2006 à 2019, 60 couturières ont été formées. À la fin de leurs études, la Fondation Leïla Fodil leur a offert une machine à coudre à pédale.

Avec la bourse mensuelle la scolarisation d'une élève couturière coûte 265€ par année et dure 3 ans. Pour aider ces jeunes femmes et plus encore, faites un don !

 

 

 

L’histoire de Awa Diallo

Annick, l’épouse de Claude, a eu 80 ans. Comme cadeau d’anniversaire, elle a demandé à sa famille d’offrir un don à la Fondation. Voici l'histoire de ce don.

Awa Diallo habitait Tombouctou avec sa mère qui est veuve et sans beaucoup de ressources. Elle était lycéenne. En 2015, sa mère lui a dit qu’elle n’y arrivait plus, que la ville était trop dangereuse avec la rébellion. Elle l’a envoyée à Ségou, où elle avait une tante. Awa a cherché cette tante pendant longtemps, en vain. Un jour elle l’a trouvée grâce à un habitant du Nord réfugié dans la vile. Elle avait le logement assuré, mais elle n’avait aucune ressource, car sa tante était, elle aussi, en grande pauvreté. Elle est entrée au lycée Cabral, elle a présenté et réussi le bac.

Avec ce diplôme, elle voulait devenir sage-femme et pour cela suivre la formation d’infirmières dispensée au Centre Vicenta Maria, mais les frais de scolarité sont élevés. Un jeune homme fortuné, qui avait « les yeux sur elle » (expression locale) et qui lui plaisait, lui a offert de lui payer ces frais si elle acceptait les fiançailles et une promesse de mariage. Marché conclu. Awa a donc effectué sa première année de formation professionnelle, avec succès.

Au début de la seconde année, catastrophe : le jeune homme a changé d’avis. En lui demandant le mariage, il exigeait qu’elle cesse ses études. Elle devrait rester à la maison, selon les bonnes traditions. Il a cessé de payer les frais de scolarité. Awa a refusé, elle a rompu ses fiançailles, déchiré la promesse de mariage. Elle voulait poursuivre ses études. Oui mais comment faire, sans argent ?

Voyant cela, sept de ses camarades se sont réunies et ont décidé de se cotiser. Elles ont réuni 60 000Cfa (91€) pour qu’elle puisse payer au moins un trimestre. C’est un geste magnifique, mais après ? Après ? Elles sont venues rencontrer Abdoulaye Keita en lui demandant l’aide de la Fondation Leïla Fodil. Formation acceptée, bien sûr !

La suite, vous l’avez devinée : grâce au cadeau d’anniversaire d’Annick, Awa va pouvoir terminer sa formation de sage-femme !

 

 

Une année scolaire d’Abdoulaye Keita

Actions

Abdoulaye est le correspondant de la fondation à Ségou. Il est aidé par son épouse Rokia et Daouda Tangara. La majeure partie du travail d’Abdoulaye et de son équipe est le recrutement et le suivi des élèves. Les élèves sont recrutés selon un critère simple, l’extrême pauvreté de la famille. Nous vous racontons ici comment cela se passe. Vous verrez c’est un processus qui s’étale sur toute l’année scolaire !

Dès le début du mois de Juillet, les parents de jeunes enfants affluent au domicile d’Abdoulaye. Ils entrent et s’installent sous l’arbre. « Il est sorti. Nous allons l’attendre. » Et comme sa tournée se prolonge, ils attendent des heures durant.

Quand il est retourné, après que le manœuvre ait fermé le portail derrière l’auto et lui ait donné sa sacoche, ses épouses lui disent : « il y a des gens qui t’attendent ». « Que voulez-vous ? L’école pour notre dernier ». Il en vient tous les jours, à toutes les heures, car la pauvreté n’a pas encore abandonné la ville et l’on sait maintenant que les enfants peuvent aller dans de bonnes écoles grâce à la Fondation Leïla Fodil qui fait confiance à Abdoulaye pour le recrutement.

Abdoulaye recueille les informations servant au recrutement : patronyme, quartier, situation sociale. Très souvent la maman est seule, car le père est parti, est incapable ou handicapé ou mort. Les conditions de « recrutement » sont claires : la famille n’a rien. Il faudra le vérifier par une visite. Abdoulaye, Rokia, et Daouda Tangara iront visiter chaque famille.

À la fin de l’été, il y a quelques centaines de demandes. Il faudra choisir. Quelle est la famille qui est le plus en difficultés, dans quelle école l’enfant sera-t-il embauché ? Quand la liste définitive est faite, une nouvelle visite précisera aux parents l’acceptation, les conditions qui devront être observées, dont l’essentielle est que l’enfant aille à l’école tous les jours.

Les directeurs des écoles qui les accueilleront sont rencontrés pour se mettre d’accord sur les conditions financières qu’ils exigent et aussi sur la nécessité de prêter une attention bienveillante à ces enfants différents des autres du fait de leur pauvreté et de l’inculture de leurs parents.

Au mois d’août aussi, on connaît les élèves qui passent en second cycle. Il faut qu’Abdoulaye intervienne auprès du CAP (Centre d’animation pédagogique), pour qu’ils soient dirigés vers une école secondaire publique de bon niveau. Il faut payer les frais de transfert, acheter et distribuer les fournitures scolaires qui leur seront nécessaires.

Le recrutement dans les écoles professionnelles a lieu à la même époque estivale :

  • Au CPT, le directeur et Abdoulaye s'entendent pour y accepter des élèves qui ne pourraient pas payer leurs frais de scolarité.
  • Au centre Vicenta Maria, le recrutement est fait sur concours. La fondation propose  des candidates qui une fois admises ne pourraient pas payer leurs frais de scolarité.

La rentrée s’est faite. Les élèves sont-ils tous présents ? Suivent-ils bien ? L’école délivre-t-elle les prestations promises ? Une visite dans chaque école est nécessaire. Il y en aura plusieurs pendant chaque trimestre : directeur, professeurs, chaque élève. Et cela dans chacune des écoles, maternelle, primaire, professionnelle où la Fondation soutient des élèves.

Chaque fin de mois il faut distribuer à chaque famille et chaque jeune étudiant la bourse de vie. Comme la banque ne donne pas les petits billets de 1 000 à 5 000 Cfa qui sont nécessaires, il faut faire la monnaie chez les commerçants et en particulier chez le marchand de produits de beauté.

Tout ce travail est varié, humain, social et doit être affectueux. Mais c’est harassant car les demandes quotidiennes, d’ordre social, sont incessantes.

Le volet social. Il y a des enfants qui ne se présentent pas à l’école. Il faut aller à la maison savoir pourquoi. Il y a des malades dont les parents demandent une aide pour payer les médicaments. Une crise de paludisme ne se solde pas à moins de 15 000 Cfa (23€). Mais il y a encore des accidentés, car maintenant que certaines rues sont goudronnées, les conducteurs roulent comme des fous. Des morts aussi. Abdoulaye est alors comme le chef de la famille. Il doit payer les soins avec le fonds spécial de secours santé donné chaque année par la Fondation. Avec les jeunes adolescents les problèmes de vie sont fréquents. Abdoulaye doit les régler avec fermeté, affection et douceur.

Ainsi, vous voyez combien les activités de nos amis sont nombreuses, variées et nécessitent de leur part une grande attention. Ils aiment ces enfants qui le leur rendent bien. Ils sont fiers de leur rendre le service inestimable de pouvoir, par leurs études « sortir » de la pauvreté à laquelle ils auraient été contraints.

Jusqu’à présent, Abdoulaye acceptait de recevoir tout le monde à n’importe quelle heure. Mais les épouses, les enfants, les serviteurs et lui-même en sont venus à ne plus supporter ces demandeurs qui devenaient des importuns. Abdoulaye ne pouvait plus les recevoir dans son salon ou sous la paillotte. Alors il a fallu créer un « bureau de la Fondation ». Une construction a été faite dans la cour. Un accès particulier. Abdoulaye peut y recevoir les parents. Il peut se retirer dans son bureau pour rédiger les papiers et les rapports à l’abri des intervenants qui savent cependant où il se trouve. Ce n’est pas le bureau d’une « grande ONG ». C’est un lieu d‘accueil simple et rationnel. Il y a aussi un logement pour les visiteurs. Ce pourra être les délégués de la Fondation venant de France ou bien des passants ou la famille en visite. Ainsi, la concession et la vie de la famille sont protégées.

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